Samedi 14 juin 2008

Deux ans après le vote de la loi recherche, la situation de la recherche française et des jeunes chercheurs ne s’est pas améliorée. Les candidats « UNEF et associations étudiantes » portent de nombreuses revendications pour défendre la recherche publique et les jeunes chercheurs. 

Le paysage de la recherche française a été modifié en profondeur par l’application de la loi recherche de 2006. Elle a eu pour conséquence l’accroissement des logiques de concurrence avec le développement des financements sur projets et la remise en cause de pans entiers de la recherche jugés « non rentables » comme les sciences humaines et sociales.

Les doctorants sont les premiers touchés par cette politique. Alors qu’en 2004, le mouvement des chercheurs avait mis en lumière la situation des jeunes chercheurs (absence de statut, conditions de travail dégradées…), leur situation ne s’est guère améliorée depuis. Aujourd’hui les carrière de la recherche ne sont pas attractives et 40 % des doctorants abandonnent leur thèse en cours faute de moyens pour la financer. 


Aujourd’hui la recherche publique française a besoin d’un investissement public massif, et de davantage de coopération. L’augmentation du nombre de docteurs est primordiale pour assurer le fort besoin de personnels formés à la recherche. Un réel statut, de bonnes conditions de travail et un avenir dans les carrières de recherche doivent être garantis.


Les candidats « UNEF et associations étudiantes » défendent des revendications pour la sauvegarde de la recherche publique et l’amélioration de la situation des jeunes chercheurs.


1. Un financement public pour la recherche publique

La France est aujourd’hui loin de l’objectif de 3% du PIB consacré à la recherche. Or dans une société de la connaissance, le progrès est garanti par un fort investissement dans la recherche publique. En effet c’est ce qui permet une indépendance de la recherche et la mise en place de projets sur le long terme.

  • Garantir un financement public récurrent des laboratoires de recherche et des organismes.
  • Limiter des crédits alloués par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) dans le financement des laboratoires, ces financements se faisant quasi exclusivement sur projet
  • Développer les programmes de recherche blancs financés par l’ANR pour faire émerger des projets de recherche originaux

    2. Garantir la coopération et la transparence dans l’organisation de la recherche

L’efficacité de la recherche est basée sur la coopération de l’ensemble des acteurs. L’organisation de la recherche doit être fondée sur ce principe et non sur une logique de concurrence.

  • Garantir une gestion démocratique de la recherche. La participation de la communauté scientifique à la gestion de la recherche garantit l’efficacité de cette gestion. Des représentants élus de tous les acteurs de la recherche doivent être intégrés à l’ANR et l’AERES (Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseingment Supérieur).
  • Les PRES doivent être réformés afin d’intégrer des représentants étudiants élus dans leurs conseils d’administration. 

 

3. Renforcer le lien entre l’enseignement et la recherche

La recherche est indissociable de l’enseignement supérieur. Pour assurer la qualité de l’enseignement, un fort adossement à la recherche et à ses évolutions est indispensable.

  • L’ensemble des formations supérieures, même les plus courtes (DUT, licence…) doivent être adossées à la recherche.
  • Les cours des premières années ne doivent pas être réservés aux allocataires et aux jeunes maîtres de conférences. Les cours de chaque niveau doivent être répartis équitablement entre professeurs et maîtres de conférences.


4. Améliorer les conditions de travail des doctorants

Aujourd’hui 70 000 doctorants participent activement à la production scientifique française mais ne bénéficient d’aucun statut, travaillent dans des conditions très dégradées et pour certains abandonnent leur thèse faute de moyens. Aujourd’hui, l’amélioration des conditions de travail des doctorants et la reconnaissance de leur statut doit être une priorité. Nous demandons :

  • La création d’un statut du doctorant garantissant les droits du doctorant (financement, conditions de travail, propriété intellectuelle…)
  • Donner une valeur contraignante à la charte des thèses et la remettre à jour suite à l’évaluation de son application
  • Doubler le nombre d’allocations de recherche d’ici 2012. En effet, le manque de financement est la cause principale d’interruption des thèses.
  • Mettre en place une procédure de recours auprès du directeur de l’école doctorale en cas de rupture de thèse suite à des problèmes entre un doctorant et son directeur de thèse.
  • Garantir l’égalité des droits entre doctorants français et étrangers afin de mettre fin à la précarité administrative et sociale dont souffrent ces derniers et d’enrayer les dérives de certains laboratoires.
  • Garantir la propriété intellectuelle. Pour permettre une meilleure reconnaissance de son travail, tout doctorant doit pouvoir signer en son nom l’ensemble de ses productions.
  • Empêcher l’encadrement des thèses par des « personnalités extérieures » sans qualification
  • Garantir des moyens matériels (outils informatiques, accès aux bibliothèques et aux laboratoires…) pour permettre une réelle intégration des doctorants dans les équipes des laboratoires

    5. Rendre attractif le doctorat

Beaucoup d’étudiants se détournent de la recherche car les débouchés y sont peu attrayants. Il est important de faciliter l’orientation et d’améliorer l’information des étudiants afin de palier au manque d’attractivité de certaines disciplines scientifiques et d’offrir des débouchés.

  • Systématiser la présentation en master des formations doctorales
  • Des modules d’initiation et de méthodologie de la recherche doivent être proposés à tous les étudiants de master
  • Rendre transparents les critères d’attribution des allocations de recherche, de validation des projets de thèse, ainsi que le recrutement des doctorants


6. Améliorer l’insertion professionnelle des jeunes chercheurs

Les jeunes chercheurs rencontrent de nombreuses difficultés à faire reconnaître leur diplôme sur le marché du travail. Pour faire face aux difficultés d’insertion professionnelle des jeunes chercheurs, des mesures d’urgence doivent être prises pour mieux préparer la poursuite de la carrière et offrir plus de perspectives professionnelles aux docteurs.

  • Reconnaître le doctorat dans les conventions collectives et dans les grilles de salaire de la fonction publique.
  • Développer les enseignements transversaux (droit du travail, structures de la recherche, langues, préparation à des entretiens ...) Ces cours doivent permettre à chaque doctorant de mieux préparer son insertion professionnelle.
  • Un plan pluriannuel de recrutement de chercheurs et de personnels scientifiques doit être mis en place pour faire face aux besoins.
  • Mettre fin aux contrats précaires (post-doc, CDD) pour les jeunes chercheurs.


    7. Améliorer la représentation des jeunes chercheurs dans les conseils

Les doctorants et les jeunes chercheurs sont bien souvent exclus de la représentation démocratique dans l’enseignement supérieur et ont des difficultés à porter leurs revendications.

  • Intégrer les étudiants en master dans le collège étudiant du conseil scientifique
  • Afin que les doctorants, qui selon leur statut ne sont pas représentés dans le même collège au sein des conseils décisionnels, puissent faire avancer leurs revendications, il faut mettre en place un collège spécifique des chercheurs et enseignants chercheurs non permanents regroupant les doctorants et les docteurs en CDD (ATER, post doc…)
Par UNEF - Publié dans : DEFENDRE LA RECHERCHE
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